Helene O'Barry. Beaucoup de gens se méprennent sur la manière dont nous préparons le retour à l'état sauvage des dauphins maintenus en captivité. Ils croient que nous dressons les dauphins dans ce but : qu'après leur avoir appris à sauter à travers des cerceaux, nous leur apprenons à présent à survivre dans la nature.

Helene O'Barry.  Beaucoup de gens se méprennent sur la manière dont nous préparons le retour à l’état sauvage des dauphins maintenus en captivité. Ils croient que nous dressons les dauphins dans ce but : qu’après leur avoir appris à sauter à travers des cerceaux, nous leur apprenons à présent à survivre dans la nature.

Et de quelle manière serions-nous censés le faire ?
On croit que nous le faisons de façon scientifique.
C'est une erreur de penser cela.
C'est pourtant ce que croient même un certain nombre de ceux qui travaillent à réadapter et à relâcher les dauphins.
Mais comment le pourrions-nous ? Comment pourrions-nous apprendre aux dauphins ce qu'ils ont besoin de connaître pour survivre dans la nature, alors que la principale chose qu'ils doivent apprendre, c'est de n'écouter ni moi ni personne d'autre ?
Ce que je fais en réalité est si simple que cela échappe à la plupart des gens. Cela n'a rien de mystérieux. Dans le cadre de mon Protocole pour la Réhabilitation et la Remise en liberté des Dauphins captifs, j'observe trois règles fondamentales :

Considère que tu ne sais rien
Reste constamment attentif
Fie-toi à l'évidence


Cela signifie que pour les dauphins, les problèmes ont commencé avec ce que nous leur avons appris, et que leur apprendre encore quelque chose est bien la dernière chose que nous voulons faire.
Ce qu'il faut, c'est leur désapprendre. C'est-à-dire qu'il faut qu'ils puissent oublier ce que nous leur avons déjà appris.
Lorsque je prépare des dauphins à revenir à l'état sauvage, je ne leur apprends rien, surtout pas comment vivre à l'état sauvage. Je ne crois pas qu'il soit possible de le leur apprendre. Ce que nous pouvons faire, cependant, c'est essayer de les comprendre, dans leur situation, dans ce monde bousillé dans lequel nous les mettons. Puis laisser faire la nature. Ce que nous faisons là, ce n'est pas de la science, c'est un art de guérisseur.
Oui, je prends des notes. Je l'ai toujours fait. Mais pas pour des raisons scientifiques. Les notes qui ont été prises pour un dauphin ne sont pas valables pour un autre dauphin, car chacun des dauphins détenus en captivité a sa propre personnalité et son propre vécu, et, par suite, ses propres besoins. Je garde la trace de tout ce qui se produit, afin de justifier les dépenses, et parce qu'ainsi, au cas où je serais tout à coup obligé de me faire remplacer par mes collaborateurs, ils seraient capables de faire face.

J'appelle cela du « dé-dressage ».
De nos jours, certains dresseurs n'aiment pas ce terme à cause de sa connotation négative. Les dresseurs sont des gens très positifs. Ils sont obligés d'être très positifs, car ils ont besoin de garder le contrôle des événements. S'ils le perdent, ils ont tout perdu. Quand j'explique en quoi consiste mon « dé-dressage », ce qu'ils comprennent, c'est que je ne fais rien du tout. Certains d'entre eux m'ont accusé de me contenter de passer quelques mois en compagnie des dauphins puis de les relâcher. C'est un peu plus que cela, bien sûr, mais pas beaucoup plus, aussi je plaide coupable.
Quand je prépare les dauphins à retourner à l'état sauvage, ce que je fais consiste simplement à éviter de prolonger leur dressage. En d'autres termes, j'ignore ce dressage qu'ils ont subi. Et ça aussi, c'est un art, car en observant les dauphins de très près, jour après jour, je peux voir tomber un par un chaque acquis de leur dressage.
Et un beau jour, quand tout est parti – quand c'est « éteint », comme diraient les béhavioristes – ils sont prêts.

Une fois que tout le reste est prêt, que nous avons procédé au dernier bilan de santé des dauphins et avons vérifié qu'ils n'ont aucune maladie qu'ils pourraient transmettre à la population sauvage, une fois que l'étude de la population des dauphins des environs est terminée, que nous avons bien vérifié et re-vérifié la qualité de l'eau et tout le reste, alors seulement, ils sont prêts à être relâchés et suivis.

Oui, je vis avec les dauphins.
Mais quand je vis avec eux, c'est pour de bon. A chaque saut, je suis là. A chaque fois que le dauphin attrape un poisson vivant, autour du bassin, je suis là aussi. A chaque fois qu'il plonge, à chaque fois qu'il refait surface, à chaque inspiration, je suis avec lui – et pourtant, je reste inconnu de lui. Pour lui, je suis semblable à un de ces palétuvier noueux qui poussent aux abords du sanctuaire, à un morceau de bois sur la rive, ou à un héron qui observerait l'eau en se maintenant sur une patte.

Jusqu'à l'extrême fin du processus de réadaptation, je reste le plus possible hors de leur vue. Je ne parle pas aux dauphins. Quand je leur donne à manger, je porte des lunettes noires pour éviter toute possibilité de contact oculaire. J'accomplis ma tâche furtive, puis je me retire à pas feutrés sous ma tente : de là, je les observe ou je les écoute respirer, je les suis en pensée et je calcule le moment où le cordon ombilical pourra être définitivement coupé, le moment où ils ne penseront plus à moi ni à aucun être humain, mais seulement à la poursuite de leur existence de dauphins.



Pour réadapter les dauphins détenus en captivité et pour les relâcher dans la nature, il existe des règles générales à respecter, mais il n'existe pas de manuel complet ni de recette détaillée. Il ne saurait en exister, car chaque dauphin est unique et pour chaque dauphin, il faut procéder différemment.

Les dauphins ne se comportent pas tous de la même manière lorsqu'ils sont en captivité. Certains ont subi davantage de mauvais traitements que d'autres. J'ai travaillé avec des dauphins qui, une fois relâchés dans l'océan, se rappelaient très vite qui ils étaient et comment ils vivaient avant leur capture. D'autres avaient besoin de plus d'aide et de plus de temps pour se réadapter. Aussi, le plus important dans mon travail, c'est d'avoir de la patience. Tout ce que je dois faire est de m'installer tranquillement et d'observer les dauphins en gardant les idées claires et l'esprit ouvert, pour qu'ils puissent me montrer quelle est la meilleure manière de les aider à retrouver leur identité de promeneurs sauvages et libres en quête de nourriture.

Sachant que chaque dauphin est différent des autres de mille manières, réintroduire un dauphin dans son habitat naturel relève plus de l'art que de la science.

APERÇU


Depuis vingt ans, j'ai réadapté et relâché une petite trentaine de dauphins.
Je ne dirai pas que l'on peut rendre tous les dauphins capturés à leur habitat naturel, mais il est toujours possible de réadapter un dauphin à un environnement plus naturel, une lagune par exemple. Le dauphin peut ainsi retrouver les rythmes naturels de la mer, les vagues, les courants et les poissons vivants. Tous ces facteurs jouent un rôle thérapeutique et participent à la qualité de vie du dauphin. La remise en phase du dauphin avec son environnement marin naturel est un élément essentiel du processus de réadaptation, et son relâchement devient alors possible en fonction de plusieurs facteurs :

Son état de santé et sa condition physique
Sa capacité d'utiliser son sonar
La manière dont il se montre capable d'attraper des poissons vivants
Ses capacités de défense contre les prédateurs


Parmi les dauphins capturés dans « la nature », comme nous disons, un certain nombre peuvent y être relâchés. Pas tous, cependant.
Certains sont trop imprégnés de l'influence humaine et ont oublié ou ont perdu les aptitudes nécessaires à leur survie dans ce qui fut autrefois leur habitat.
C'est l'habitat qui détermine le comportement. La captivité a détruit quelque chose qui était vital pour leur existence, une chose que nous appellerions « l'esprit » s'ils étaient des humains. Pour eux, il est trop tard.
Ainsi, par exemple, il y a quelques années, j'ai eu l'occasion d'étudier à Nassau, aux Bahamas, le cas d'un dauphin qui était resté longtemps en captivité et qui était à présent devenu complètement fou. On l'appelait « Big Boy ». Il passait le plus clair de son temps à donner des coups de tête contre la porte en bois qui donnait accès à son enclos marin. D'un côté de cette porte, c'était l'endroit où il était protégé, admiré et observé avec fascination, parfois par des centaines de personnes. Là, il avait toute la nourriture qu'il voulait et il était à l'évidence le maître de son petit monde.
De l'autre côté, c'était l'océan, son habitat naturel. Et un jour, en le regardant se cogner la tête contre la porte, je me suis demandé s'il serait jamais possible de le réadapter à la vie sauvage.
Qu'arriverait-il si nous le laissions tout simplement s'en aller ?
A l'époque, au Seaquarium de Miami, lorsque nous n'avions plus besoin d'un dauphin, nous le mettions dans une élingue, nous le transportions jusqu'à la côte et nous le rejetions tout simplement dans la baie de Biscaye. Dans l'industrie des delphinariums, on appelle cela le « Dump and Run ». C'est ce qui était arrivé par exemple à Pedro, un dauphin mâle corpulent qui était devenu trop difficile à maîtriser. Comment s'était-il débrouillé dans les eaux de Miami, personne ne le sait.

Mais Big Boy, lui, posait un autre problème.

La captivité avait fait de lui un handicapé mental. Je me suis dit que si nous arrivions à le réadapter, alors nous serions capables de réadapter n'importe quel dauphin. Or, plus je l'observais, plus je me rendais compte que nous étions arrivés trop tard. Pour lui, la dose avait été trop forte. Je ne parle pas de mauvais traitements. Je n'ai jamais vu personne maltraiter délibérément Big Boy.

En fait, ce que j'ai pu voir, c'est l'inverse : un excès d' « amour ». Tout le monde voulait être avec lui, le toucher et lui parler, bref, tout le monde voulait « aider » ce bon vieux dauphin. Seulement, personne ne savait comment s'y prendre. Si bien que jour après jour, toujours souriant mais bouillant de colère, ce gros dauphin se cognait la tête comme pour pouvoir se libérer. C'était un dauphin si stressé, si peu coopératif, si imprévisible, si méfiant et si dangereux, un dauphin devenu si hargneux que je savais que je ne pourrais jamais rien faire avec lui.

D'où cela venait-il ?
De l'intervention humaine et du stress.
Dans la mort des dauphins en captivité, ces facteurs jouent toujours un rôle majeur. Le stress provient du manque d'espace, du fait qu'il y ait trop de monde et du fait que le dauphin soit obligé de faire le clown pendant trop longtemps. C'est aussi le fait que le dauphin soit obligé de vivre dans un monde artificiel, un monde sans vagues, sans les goûts ni les sons de l'océan, et sans rien de tout ce qui rend normalement la vie digne d'être vécue. Lorsque nous essayons de transformer des dauphins en animaux « de compagnie », cela ne peut jamais marcher. Sur le moment, c'est difficile de s'en rendre compte.

On a l'impression que le dauphin a envie d'être domestiqué. Il a toujours le sourire – on a l'impression qu'il rit. Il nous sollicite, il veut qu'on le chouchoute, qu'on joue avec lui.
Tout se passe comme avec un vrai animal de compagnie. Pourtant, ce n'est qu'une illusion. Le dauphin est un être irrémédiablement sauvage, créé pour jouer un rôle dans la nature et non pour jouer à des jeux stupides dans un petit bassin pour nous divertir.
Les dauphins nés en captivité semblent faire exception à cette règle.

On ne peut pas parler de les « rendre » à leur habitat naturel : ils n'en ont pas. Quelques-uns de ces « dauphins de batterie » ont été « dressés » à se comporter comme des dauphins sauvages puis relâchés dans l'océan. Cependant, tant que cette méthode n'aura pas fait l'objet d'un suivi prolongé, il conviendra de considérer chaque cas de façon séparée.

CONNAITRE LES DAUPHINS ET LEURS M¼URS NATURELLES


Pour pouvoir réadapter les dauphins et les relâcher dans la nature, le plus important est de savoir à quoi ressemble l'existence d'un dauphin dans son élément naturel. C'est avec cette connaissance qu'il est possible de percevoir les traits de comportement que le dauphin a acquis en captivité.

Quels peuvent être ces traits de comportement ?
Observez un spectacle de dauphins pendant cinq minutes et vous aurez pratiquement tout vu. Lorsque le dresseur arrive avec un seau de poissons morts, le dauphin s'agite et se met à décrire des cercles. Il saute hors de l'eau avec énergie, puis s'étend sur le dos, patauge en rond à l'aide de sa nageoire caudale et fait des gestes d'applaudissement avec ses nageoires pectorales.

Au moment où le dresseur s'accroupit pour prendre un poisson, le dauphin s'élance et réclame sa nourriture, couine et secoue la tête, sans paraître effrayé, même devant des centaines de spectateurs.
Ce comportement est entièrement appris.
Un dauphin sauvage ne fait jamais rien de tout cela dans la nature, car ce serait absurde et insensé. A présent, cependant, lorsque nous tentons de réadapter un dauphin, ces comportements acquis ont une grande importance. En fait, nous devons y faire attention, car en préparant le dauphin à retrouver son état naturel, nous pouvons contrôler la disparition de ces comportements l'un après l'autre.

FAIRE DISPARAITRE DES COMPORTEMENTS


Lorsque nous parlons de faire disparaître, d' « éteindre » des comportements acquis en captivité, on a l'impression qu'il s'agit en quelque sorte d'éteindre un feu en y versant de l'eau.
En réalité, il s'agit simplement de ne plus « rétribuer » le dauphin.

S'il a appris à se comporter ainsi, c'est avant tout parce qu'il en recevait la contrepartie.
Lorsque le dauphin accourait vers le point de distribution de la nourriture, se redressait et hochait la tête en couinant, nous récompensions tous ces gestes en lui jetant un poisson. C'est de cette manière qu'on entretient un comportement donné chez un dauphin.

Par conséquent, si, à présent, nous voulons que ce comportement cesse, il faut arrêter de le « payer ». Et très vite, il cessera. Comme il n'a plus de récompense, ce comportement n'a plus lieu d'être, ni ici ni dans le monde dans lequel nous voulons qu'il vive. Là encore, c'est l'habitat qui détermine le comportement. En même temps, on incite le dauphin à adopter un comportement qui lui sera utile pour sa survie, et au bout d'un certain temps, il est prêt à regagner son habitat naturel.

Quand je constitue une équipe pour m'aider à réadapter un dauphin, j'explique à mes collaborateurs que notre tâche consiste principalement à « émanciper » le dauphin. J'explique que le dauphin, lorsqu'il a été capturé, a perdu son pouvoir. Il est devenu semblable à un prisonnier. Et à présent, il nous appartient de lui rendre ce pouvoir. J'explique aux membres de mon équipe qu'en remettant le dauphin à sa juste place, il importe de garder trois choses à l'esprit :

Considère que tu ne sais rien
Reste constamment attentif
Fie-toi à l'évidence


Ces instructions sont subtiles et très difficiles à suivre, surtout la première, et surtout pour les dresseurs de dauphins. Un dresseur, avant de pouvoir intégrer mon équipe, doit se débarrasser de ses propres attitudes conditionnées.
C'est pour lui une tâche difficile, car toute son expérience des dauphins a consisté à monter un spectacle, et maintenant c'est pour lui le moment de jouer la scène de la « réadaptation ». Il veut faire partie de la distribution, et parfois on dirait même qu'il attend d'être applaudi.

C'est là tout le contraire de ce que nous faisons pour préparer le dauphin à retourner vivre dans son milieu naturel. Nous ne montons pas un spectacle. Nous préparons un « non-spectacle », et moins nous en ferons, mieux cela vaudra.

Il n'est pas possible d'écourter la phase d'observation prolongée. Ce n'est pas de la recherche scientifique : c'est une technique. Il faut manger avec les dauphins, dormir avec eux, être avec eux tout le temps. Nous appelons cela le « temps des dauphins ». comment apprend-on à faire cela ? pas simplement en le lisant. Il faut le vivre.

Comme pour toute autre activité scientifique ou artistique, on ne peut acquérir le savoir-faire que de celui qui l'a déjà. On apprend alors a savoir à quel moment on est en phase avec les dauphins. On le sent. S'ils prennent cinq kilos, ou s'ils perdent cinq kilos, on le remarque. Il nous faut voir avec exactitude ce qui leur arrive, indépendamment de ce que nous pouvons dire.

Pour la plupart des gens, ce n'est pas facile.
Il s'agit de quelque chose qui ne passe pas par la parole, de la même manière qu'un exercice de zen. Il faut s'oublier et ne faire plus qu'un avec le dauphin.
Quand je le fais, j'habite une tente à proximité des dauphins et je peux me sentir devenir moi-même un élément du paysage, comme un des arbres, comme une feuille qui flotte sur l'eau, ou comme un héron qui arrive et qui repart tout simplement. Lorsque je ne réagis pas au comportement conditionné des dauphins, ils finissent par y renoncer. Et rien de ce que je fais ne passe par des mots.

Bien sûr, je suis obligé d'écrire des rapports. Avec les quelques directives que je donne parfois, ce sont les seules exceptions. Mais le fait de vivre avec les dauphins dans le silence est ce qui donne des dauphins une perception que je crois nécessaire pour les comprendre et pour les aider à devenir ce qu'ils sont. Nous croyons les connaître déjà, parce que nous savons leurs noms par exemple, parce que nous savons d'où ils viennent, ce qu'ils mangent et quel est leur poids.

Pourtant, rien de tout cela ne nous apprend ce qu'ils sont vraiment. De ce point de vue, pour les connaître, il nous faut aller au-delà de la parole. Au-delà des descriptions.

Tout cela pour mettre fin aux rumeurs et aux idées fausses à propos de ce que nous faisons. Ce n'est que lorsque nous nous débarrassons de nos habitudes de pensée, lorsque nous écartons nos théories pour les remplacer par ce que notre activité d'observation prolongée nous confirme, que nous pouvons commencer à voir les dauphins pour ce qu'ils sont réellement et à mieux évaluer leurs chances de survie une fois relâchés dans la nature.

Avant de pouvoir faire quoi que ce soit, il faut avoir mis en place l'ensemble du Système de Remise en liberté. Le Système de Remise en liberté comporte trois éléments : (1) les Bonnes Personnes, (2) le Processus de Réadaptation et de Remise en liberté et (3) le Suivi Post-Remise en liberté.

LES BONNES PERSONNES


Le Directeur de la Réadaptation et de la Remise en liberté, autorité reconnue, connaît les dauphins aussi bien en captivité que dans leur élément naturel. Il lui faut détenir une autorité, car sa tâche consiste pour une grande part à traiter avec les autorités locales et nationales ainsi qu'avec le public, à travers les médias. Il doit aussi justifier d'une expérience pratique de l'élevage des mammifères marins, des soins, de l'alimentation et du transport des dauphins détenus en captivité.

Le Responsable de Projet gère l'équipe et les affaires quotidiennes, notamment l'archivage et la documentation du projet ainsi que les procédures d'obtention des autorisations nécessaires. Il est aussi chargé de trouver le site approprié à la remise en liberté des dauphins et d'organiser l'étude des populations de dauphins environnantes.

Les Assistants et les Volontaires participent concrètement aux études de population et au suivi des dauphins relâchés. Ils sont responsables de l'approvisionnement adéquat des dauphins en poissons vivants.
Le Vétérinaire du Suivi, un spécialiste qualifié des mammifères marins, doit évaluer l'état de santé et la forme des dauphins, assister au transport et rester disponible en cas d'urgence.

LA READAPTATION ET LA REMISE EN LIBERTE


Est-il indispensable de relâcher les dauphins à l'endroit même où ils avaient été capturés ?
C'est souvent souhaitable, mais ce n'est pas toujours nécessaire.

Un exemple : si un dauphin mâle a été capturé alors qu'il était très jeune et arraché à son groupe familial, on ne peut pas s'attendre à ce qu'il réintègre ce groupe plusieurs années plus tard. Même s'il n'avait pas été capturé, il ne serait probablement pas resté au sein de son groupe d'origine, parce que les dauphins mâles, arrivés à maturité, rejoignent normalement un nouveau groupe ou forment leur propre groupe, qui peut être un groupe de célibataires, avec des femelles et leur progéniture, ou un groupe de mâles et de femelles qui voyagent ensemble. Parfois, ont rencontre aussi des dauphins solitaires, qui ont choisi d'être seuls ou qui ont été rejetés par leur groupe.

Par conséquent, c'est une erreur de croire que les dauphins doivent être relâchés à l'endroit même où ils ont été capturés.
D'ailleurs, si l'eau est devenue polluée ou empoisonnée en leur absence, ou si les poissons dont ils avaient l'habitude de se nourrir n'y sont plus abondants, il n'est pas souhaitable de les y remettre. Dans les études existantes, on ne trouve aucune indication scientifique et empirique corroborant l'idée qu'il faille relâcher les dauphins sur le lieu précis de leur capture.

Les dauphins peuvent parfaitement s'adapter à un nouvel habitat s'il est similaire au site de leur capture en termes de marées, de courants, de températures extrêmes de l'eau, de disponibilités en nourriture et de prédateurs éventuels.

Notre équipe fait en sorte de prélever sur place suffisamment de poissons vivants pour que les dauphins puissent se remettre à en attraper et à les manger. Des tests de qualité de l'eau, dans la région, ont aussi été pratiqués, dont les résultats sont à portée de main.

LA NOURRITURE


Dans le processus de réadaptation des dauphins, une des tâches les plus importantes consiste à maintenir un régime alimentaire adéquat.
L'objectif principal est qu'en fourrageant et en ne se nourrissant que de poissons vivants, les dauphins puissent garder un poids corporel acceptable. Il s'agit d'un processus graduel qui peut être décomposé en quatre phases :

Inciter les dauphins à manger en ayant la tête sous l'eau.
Eliminer toute interaction avec celui qui les nourrit, en variant l'heure et le lieu du repas.
Faire en sorte que les dauphins ne mangent que des poissons vivants.
Faire, là encore, qu'ils redeviennent des promeneurs sauvages en quête de nourriture.


Au cours de la phase 1, tout se passe autour d'une station de distribution de nourriture, où des poissons vivants et morts sont donnés aux dauphins mais uniquement lorsqu'ils ont la tête sous l'eau. Nous continuons à les nourrir de poissons morts, mais nous y ajoutons des poissons vivants pour qu'ils s'y habituent : nous les lançons de façon aléatoire sur de petites distances, et nous augmentons progressivement la distance tout en dissuadant les dauphins de se nourrir en gardant la tête hors de l'eau.

Au cours de la phase 2, nous sevrons progressivement les dauphins de leur régime alimentaire habituel, en leur lançant des poissons aussi bien vivants que morts depuis différents endroits et à des moments différents. A cette étape, nous opérons cachés, pour que les dauphins ne nous voient pas. Nous ne voulons pas qu'ils établissent un lien entre la nourriture et ceux qui les nourrissent.

Nous lançons toujours les poissons vivants vers le centre de l'enclos, pour que les dauphins aient davantage de chances de les attraper avant qu'ils ne s'échappent en franchissant la clôture.

Il est parfois nécessaire, au début, de plonger les poissons dans de l'eau glacée pour qu'ils deviennent moins rapides et que les dauphins aient plus de chance de les attraper.

Le nourrissage devient ensuite plus aléatoire, plus irrégulier. Nous lançons des poissons morts et des poissons vivants depuis un poste caché, à n'importe quelle heure y compris tôt le matin et après la tombée de la nuit. Dans l'eau, nous avons un hydrophone, qui nous permet de suivre l'utilisation du sonar par les dauphins pour trouver les poissons, surtout les poissons vivants.
Nous pouvons comparer les enregistrements audio des prises confirmées pendant la journée avec ceux des prises nocturnes.
Nous augmentons le nombre de séances de distribution de nourriture, en diminuant la quantité de poisson. Des distributions courtes et rapides, depuis des endroits changeants et à des heures quelconques, dissuadent les dauphins de se mettre en quête de la personne qui distribue la nourriture.

Au cours de la phase 3 (distribution de poissons vivants uniquement), nous devons tout d'abord nous assurer de pouvoir distribuer aux dauphins assez de poissons vivants. Il nous faut une source fiable de poissons des espèces que l'on trouve là où les dauphins seront relâchés.
Nous en analysons la valeur nutritionnelle, et nous calculons les quantités nécessaires au régime alimentaire complet des dauphins, en tenant compte de l'énergie dépensée à poursuivre les poissons vivants.

Tout en continuant à nourrir les dauphins à des moments variés et à partir de points de distribution changeants, nous augmentons maintenant la proportion de poissons vivants. Une fois que les dauphins mangent principalement des poissons vivants, nous les réunissons en groupes de 10 ou de 15 individus et créons ainsi une « école » du poisson, pour rendre la situation des dauphins plus proche de leur état naturel et pour les obliger à choisir la proie qu'ils vont pourchasser.

Enfin, au cours de la phase 4, nous éliminons l'élément humain du processus de nourrissage et nous incitons les dauphins à fourrager d'eux-mêmes. Nous introduisons à tout moment des poissons vivants dans l'enclos marin, nous tenons un registre des taux de consommation des dauphins, et enfin, dans leur menu, nous remplaçons les poissons morts par des poissons vivants des environs, des espèces comme le mulet. Une fois que les dauphins sont prêts à s'aventurer hors de l'enclos, ils le font bien comprendre à ceux qui savent déchiffrer le langage de leur corps.

LE SUIVI APRES LA REMISE EN LIBERTE


Au cours du processus de réadaptation, les dauphins ont été marqués à froid pour faciliter leur identification visuelle. Les dispositifs de suivi par radio se sont révélés gênants, et favorisant une contamination future. Quant aux dispositifs de télémesure, ils ne se sont pas révélés fiables dans le passé.

Quand on remet un dauphin en liberté, on veut que tout soit le plus naturel possible.
Tout au long du processus, nous mettons en place une équipe de suivi, constituée d'individus qui vivent de la mer : des pêcheurs et des marins. Nous avons avec eux des entretiens individuels.
Nous les informons de ce que nous faisons à chaque étape, surtout en ce qui concerne le marquage à froid de l'aileron dorsal. Ces pêcheurs et ces marins ne font pas partie du monde des delphinariums, mais du monde de la mer. Quand nous expliquons aux pêcheurs ce qui se passe, ils se joignent à nous.

Ce n'est pas comme s'ils se joignaient à une cause. Ils sont déjà de la partie. Les dauphins qu'ils voient tous les jours, ils les connaissent comme ils connaissent leurs propres enfants. Par la suite, lorsque nous avons finalement relâché le dauphin, s'ils le voient nager, ils nous en tiennent informés. Nous notons l'événement, nous notons le nom de la personne qui a vu le dauphin, où et quand, dans quelle direction il allait, avec combien de compagnons et lesquels. Nous nous intéressons plus particulièrement à tout comportement inhabituel.

Si, par exemple, le dauphin réclame de la nourriture, ce n'est pas la preuve d'un échec. Cela signifie qu'il nous faut tenir les gens éloignés. Le moment où le dauphin est relâché est particulièrement crucial. C'est une période d'adaptation qui commence. Le dauphin peut même manquer un repas. Jusqu'alors, nous l'avons nourri de façon régulière, autant qu'il le voulait. Il est gras et plein de tonus. Maintenant, il faut qu'il se nourrisse lui-même. C'est cela, sa principale adaptation. Nous devons alors nous écarter de sa route et laisser les choses se faire.

Toute l'importance du processus de réadaptation et de remise en liberté est là. D'abord, nous suivons ses déplacements de façon quotidienne. Il y a parfois même plusieurs rapports par jour. Nous reportons les informations sur un graphique. Sur ce graphique, il est ici tel jour, là le lendemain. Des tendances se dessinent. C'est le signe que le dauphin a commencé à mener sa propre existence. Au bout d'un moment – si nous le laissons seul – il prendra possession d'un nouveau territoire, il aura retrouvé son élément naturel.

* Considère que tu ne sais rien, cela signifie simplement qu'il ne faut pas supposer qu'il est possible ou impossible de réussir à rendre le dauphin à son environnement naturel. En d'autres termes, il faut garder l'esprit ouvert.

La mobilisation porte ses fruits en Belgique. Alors qu'en juillet 2004, de multiples réunions et conférences se tenaient dans ce pays à l'initiative de l'association GAIA, et auxquelles Ric O'Barry, représentant de One Voice, a participé, la Commission Santé Publique de la Chambre a approuvé le 31 mai 2005 une résolution interdisant l'ouverture de tout nouveau delphinarium.

Nouvelles normes de détention


Maintenant, le ministre de la Santé Publique doit créer une commission spéciale, dite « commission dauphins » composée de représentants de la Commission Parcs animaliers, d'experts scientifiques et de représentants d'organisations de défense des droits des animaux. Il s'agit pour elle d'évaluer la situation actuelle dans les parcs aquatiques et notamment de se pencher sur les normes en matière de détention des animaux. Celles-ci pourraient être durcies dans le sens d'un meilleur respect des animaux.

Retour vers la nature


Il va de soi qu'il s'agit d'une étape très importante, puisque aucun nouvel établissement ne pourra ouvrir ses portes en Belgique. La prise de conscience est accomplie, reste maintenant à obtenir la fermeture des parcs existants et la remise des cétacés à des centres compétents en matière de soins et de connaissance des animaux, afin d'envisager, pour ceux qui le peuvent encore, un retour vers la nature.

# Posté le lundi 18 février 2008 08:58

BRACONNAGE.

BRACONNAGE.

C'est sur un coup de théâtre que s'achève la réunion de la CITES (Convention sur le Commerce International des Espèces menacées), qui s'est tenue à Bangkok en octobre 2004. Contre toute attente, les Etats-Unis ont voté pour une résolution autorisant la Namibie à vendre des objets en ivoire et l'Europe s'est abstenue sur ce sujet. Du coup, l'autorisation est donnée de fait aux braconniers de reprendre leurs activités sur une grande échelle.

Statuettes


En cause, des statuettes. La Namibie estimait que l'interdiction de vente de l'ivoire menaçait une tradition locale, la réalisation de pièces sculptées, nommées « ekipa ». Soutenue par l'Afrique du Sud, la Namibie réclamait également l'autorisation du commerce contrôlé des produits provenant de l'éléphant, autres que l'ivoire, comme le cuir et les poils. Elle a obtenu gain de cause sur ces deux points.

Tractations de dernière minute


Pourtant, dans un premier temps, les délégués de la CITES avaient indiqué repousser ces deux projets de résolution. Mais des tractations de dernière minute en ont décidé autrement. Si la décision américaine surprend (mais pouvait-on attendre un geste en faveur de l'environnement de la part de l'administration Bush ?), celle de l'Union européenne déconcerte. En effet, plusieurs pays tel que la France, l'Allemagne, la Hongrie et le Royaume-Uni s'étaient résolument prononcés contre toute autorisation du commerce de l'ivoire. Mais la présidence hollandaise de l'Union n'a pas su trouver un consensus sur la question.
Résultat : l'abstention. Le retrait de 25 mandats du vote qui ont permis à la résolution namibienne de passer.

Braconnage


La Namibie pourra donc écouler ses objets en ivoire.
L'Afrique va donc être confrontée à une situation tristement connue. En effet, chaque fois que par le passé, il avait été possible découler légalement des stocks, les braconnages d'éléphants avaient repris en nombre, puisque les possibilités de revente, via les circuits officiels, étaient élargies.

Contre l'Afrique


Cette décision va en outre à l'encontre d'autres pays africains. Onze états africains francophones (Congo, Bénin, Tchad, République centrafricaine, Gabon, Niger, Mali, Togo, Côte d'Ivoire, Sénégal et Guinée), réunis à Paris, en juillet, avaient décidé de signer une résolution en faveur de la protection des éléphants.

Pas de moratoire


Autre mauvaise nouvelle pour les pachydermes, l'initiative du Kenya visant à obtenir un moratoire de 20 ans, puis au moins un moratoire de 6 ans sur le commerce de l'ivoire a échoué. Bien qu'ayant reçu, cette fois, le soutien de l'Union européenne, elle n'a pas pu rassembler les deux tiers des votes nécessaires.

Contrôles


Seule amélioration : les délégués ont apporté leur soutien au projet déposé par plusieurs pays africains de lutter contre le trafic d'ivoire. Ces braconnages provoquent chaque année la mort de plus de 12.000 éléphants. Il s'agit pour la CITES de soumettre les marchés intérieurs d'ivoire à des contrôles stricts, ce qui pourrait mener, à terme à leur disparition. Cependant, comme les délégués ont repoussé toute augmentation des crédits, la CITES se trouve confrontée à la situation suivante : contrôler un marché sans avoir les moyens de le faire.
Trophées de chasse autorisés
La conférence a autorisé des quotas d'exportation de trophées de chasse de crocodiles, de léopards, de rhinocéros blancs et de rhinocéros noirs.

Non au "lion en boîte". C'est sous ce curieux intitulé que des associations, en Afrique du Sud, partent en guerre contre les chasses aux animaux sauvages.
Une chasse qui n'a de sportive que le nom.

Élevés en captivité et drogués


En effet, deux militants, Beverley Pervan et Chris Mercer, viennent de démontrer dans leur livre, "l'amour de la vie sauvage", que non seulement les animaux livrés aux chasseurs sont issus d'élevages, mais de surcroît sont drogués afin d'être plus aisément tués.
Aisément étant, là encore, un bien grand mot puisqu'il n'est pas rare que ces Tartarins s'y prennent à plusieurs reprises (jusqu'à 16 fois et davantage) pour parvenir à tuer l'animal qui deviendra un si ravissant trophée dans leur salon.

7950 euros les quatre jours de chasse


Les auteurs estiment qu'environ 3500 lions sont élevés en captivité pour devenir la proie des chasseurs. Il s'agit, pour les organisateurs de safari, d'une activité fort lucrative, puisque seules des personnes fortunées peuvent prétendre participer à la traque au lion. Un site spécialisé, en France, propose ainsi une "promotion" sur la chasse à la lionne pour la somme de 7950 euros, les quatre jours de chasse, voyage en avion non compris.

Taxes de prélèvement


L'activité est également rentable pour l'Afrique du Sud puisque des taxes sont très officiellement prélevées pour chaque animal abattu. Un barème a ainsi été édicté. La taxe de prélèvement se monte, par exemple, à 2500 euros pour un hippopotame ou 6000 euros pour un zèbre du Cap.

Conséquences pour l'environnement


Ces ressources, non négligeables, font que la chasse à l'animal sauvage tend à devenir une véritable industrie. Non seulement les animaux sont élevés pour être ensuite réintroduits dans la nature en vue d'être tués, mais cela se fait sans qu'aucune étude d'impact sur l'environnement n'ait été effectuée. En conséquence, les associations demandent l'arrêt immédiat de cette pratique et une réflexion globale sur le fonctionnement des parcs nationaux en Afrique du Sud.


Si rien n'est fait, le parc national des Virunga, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, ne sera plus qu'un souvenir. Une association de protection des animaux congolaise, l'IDPE (Innovation pour le développement et la protection de l'environnement), soutenue par One Voice, vient de publier un rapport sur la situation de la faune dans ce parc. Il est extrêmement inquiétant.

Viande de brousse


Ses auteurs dénoncent la pratique du « braconnage à grande échelle » dans ce site qui devrait être préservé. Les auteurs sont les troupes armées qui sévissent dans ce secteur et les milices. L'ex-ANC est ainsi dénoncée puisque ses soldats « se nourrissent essentiellement de la viande de brousse dans les campements.»

Braconnage


Le problème, dans cette zone de la République Démocratique du Congo, sévèrement touchée par la guerre, est la prolifération de campements militaires à l'intérieur même du parc (l'IDPE en répertorie une dizaine, dont certains de l'armée patriotique rwandaise) et à ses abords. Or le braconnage en vue de s'alimenter en viande de brousse s'accompagne d'un trafic entre les camps basés à l'intérieur et à l'extérieur des Virunga. De surcroît vient s'y greffer un trafic d'ivoire.

Animaux blessés abandonnés


Les militaires disposant d'un armement conséquent s'en servent pour la chasse. Juchés sur leurs véhicules ils tirent au hasard, dans les troupeaux, tuant aussi bien les jeunes animaux que les femelles. Nombre d'animaux sont blessés et s'en vont mourir plus loin. L'IDPE cite en exemple, le cas de deux éléphants dont les dépouilles sont été retrouvées par les gardes du parc trois jours après les tirs.

Affolés par les tirs

Les combats qui se déroulent incessamment dans le parc sont aussi un fléau pour la faune. Les animaux se blessent dans les trous creusés pour y installer des armements lourds. Le bruit des tirs est affolant.


Chiffres accablants


Entre le 10 octobre et le 24 décembre 2004, l'IDPE a recensé l'abattage de 76 animaux dont 20 éléphants. Et il y a fort à craindre que ces chiffres déjà accablants ne soient au dessous de la réalité. Le parc est extrêmement vaste (il s'étend sur 790.000 hectares) et il est impossible d'inventorier tous les massacres.

Trafic d'ivoire


La situation pour la faune dans le parc national des Virunga est tendue, notamment pour les éléphants, traqués pour leur chair et pour leur ivoire dont la vente sert à acquérir des armes. En l'absence de toute mesure, leur survie est menacée. De même, l'IDPE souligne les conséquences néfastes de la tenue des combats sur le comportement des animaux qui sont terrorisés par les humains.


Appel à l'ONU

C'est pourquoi l'IDPE demande instamment au gouvernement de transition de démilitariser la zone et réclame à l'ONU l'envoi de troupes neutres internationales afin de protéger le parc. Une démarche à laquelle s'associe naturellement One Voice.

# Posté le lundi 18 février 2008 09:17

F0URURE

F0URURE
La fourrure provient de deux sources, le prélèvement dans la nature par piégeage et l'élevage. Les industriels de la fourrure ont compris qu'il était plus facile de faire accepter que des animaux "élevés pour cela" soient tués, que de tenter d'expliquer combien il est "écologique" que les animaux soient pris dans la nature. Le but est, bien sûr, de faciliter la commercialisation.

Pourtant piégeage et élevage forment le même combat : tuer des animaux pour prendre leur fourrure. Les conditions de vie et de mort des animaux dans les fermes sont indignes. Il n'y a pas de bonne méthode en la matière.
Voici comment, de par le monde, des animaux sont sacrifiés sur l'autel de la mode.

Quels sont les animaux à fourrure concernés par l'élevage ?


En tout premier lieu, les visons, les renards et les lapins, mais aussi, en plus petit nombre, les castors, les chinchillas, les lynx, les zibelines, les loups, les coyotes, les ratons-laveurs et les putois ainsi que quelques autres moins connus (gloutons,...). Rappelons que toutes ces espèces sont également trappées.

À quoi ressemblent les fermes et les cages ?

Des rangées parallèles de cages sur pilotis. Au minimum une cinquantaine, parfois plusieurs milliers. Du grillage sur les six côtés, notamment sous les pattes pour isoler du sol mais laisser passer les excréments au travers et ne pas risquer de salir la fourrure.

Un genre de toit est censé protéger des intempéries.
Ces auvents ne sont pas toujours efficaces contre le soleil, la pluie et la neige, et presque jamais contre le vent, car ils sont souvent à plusieurs dizaines de centimètres voire un mètre au-dessus du cube de fil de fer, ce qui permet de mieux voir ce qui se passe, mais aussi de jeter la nourriture sur le grillage du haut : pas besoin d'ouvrir la porte et les animaux se débrouillent toujours pour la récupérer en la faisant passer au travers.

En quoi consiste l'élevage d'animaux à fourrure ?

En matière de soins, tout dépend du professionnalisme des éleveurs, et là de nettes différences apparaissent. - N'importe qui peut se lancer dans cette forme d'élevage sans niveau minimum préalable. Il n'existe (sauf, dans certains pays, pour protéger l'environnement) aucune limite légale au nombre d'animaux que l'on désire élever, et aucun rapport au nombre par personne censée "en prendre soin" : un fermier seul peut décider d'en avoir des centaines ou des milliers.

Les visons, par exemple, sont des animaux solitaires, parcourant un vaste espace où rien ne les oblige au contact de leurs congénères, sauf pendant la période d'accouplement. Dans un élevage, l'envie d'un territoire est contrecarrée par des centaines ou des milliers d'autres visons proches, parfois même un, deux ou trois autres dans la même cage.

Ces espèces non domestiquées souffrent considérablement des manipulations humaines, particulièrement stressantes avec l'utilisation de pinces ou de gros gants pour éviter les morsures.
Les animaux devraient être nourris quotidiennement, mais il n'y a pas toujours le temps de veiller à l'état de santé de chacun : il faut savoir qu'en Scandinavie, le fermier n'habite bien souvent même pas aux abords de son élevage.

Quels sont les problèmes liés au climat ?

En saison froide (laquelle commence dès l'automne en Finlande), on devrait donner de la nourriture et de l'eau aux animaux plusieurs fois par jour.
C'est loin d'être le cas. Dans certaines fermes, il existe un système automatique pour abreuver les animaux, mais il gèle fréquemment en hiver, raison pour laquelle certains préfèrent s'en passer.

Dans certains pays comme la Finlande, les hivers peuvent être très rudes (-35° voire -40°C, contre 30° en été). Cela pose problème aux animaux, même ceux adaptés au froid comme le renard polaire. Ils doivent rester constamment dehors dans une cage ouverte à tous les vents, tandis que la température intérieure d'un terrier varie peu (aux alentours de 0°C tout au long de l'année).
Les putois et les chiens viverrins sont très sensibles au froid, et les pattes de ces derniers peuvent même geler, surtout sur un grillage glacé.

Que mangent-ils ?


Si l'on en croit les éleveurs eux-mêmes, la nourriture représente la moitié du coût de revient d'une fourrure, et il faut donc faire des économies. C'est pourquoi, "logiquement", les carcasses des autres animaux à fourrure précédemment tués sont mangées par les suivants.

On leur donne par ailleurs des sous-produits de viande et de poisson de si mauvaise qualité qu'ils ne peuvent même pas servir à la nourriture des animaux domestiques.

Cette nourriture peu appétente, à peu près toujours identique, ne convient pas aux animaux. Il arrive qu'elle soit tellement infecte qu'ils la laissent en partie, ce qui l'amène à se gâter dès qu'il fait chaud.

Quel peut être leur état de santé ?


Les captifs souffrent souvent de nombreux parasites : puces, poux, tiques et acariens divers, ainsi que des mouches attirées par les monceaux d'excréments qui s'accumulent sous les cages, parfois pendant des mois.

Ils attrapent donc de nombreuses maladies, souvent contagieuses, dans ces déplorables conditions d'hygiène.

L'insémination artificielle est fréquemment à l'origine d'infections de l'utérus.
Souvent, on fait "tenir" jusqu'à la date normale d'abattage un animal blessé ou malade si sa fourrure est de grand prix.

Comment les animaux à fourrure sont-ils tués ?


La mort est fondée sur un seul impératif, tuer l'animal au moindre prix sans abîmer sa peau. Voici quelques méthodes de trépas pour animaux à fourrure :

On peut entasser jusqu'à une vingtaine de petits mammifères dans une boîte où ils sont asphyxiés avec les gaz d'échappement venant du tracteur via un tuyau. Cette technique n'est pas toujours mortelle à 100 %, et il arrive qu'un animal "se réveille" pendant qu'on lui arrache sa peau.

Les plus gros animaux comme les renards ont souvent des électrodes attachées à leur corps pour les électrocuter, ce qui est très douloureux et parfois long car le voltage n'est pas toujours assez fort pour les tuer immédiatement. La plupart du temps, une grosse pince se referme sur les babines pendant qu'une tige est enfoncée dans l'anus.

Il existe aussi l'empoisonnement par la strychnine, poison qui n'est pas interdit partout : il cause des crampes extrêmement douloureuses car il paralyse progressivement les muscles, ce qui entraîne une suffocation quand les muscles respiratoires sont atteints. Par économie, on met souvent la dose minimum, ce qui prolonge la terrible phase de tétanie préalable.

En matière de poison, on se sert en fait de tout et de n'importe quoi, surtout si c'est facilement disponible dans le commerce, par exemple de désherbants. Le dithyllinium, poison curarisant, se contente de paralyser les renards mais ne les tue pas : ils ressentent la douleur quand on les dépèce vivants. Interdit en Finlande, ce produit bon marché est largement utilisé en Russie car arracher la peau d'un animal encore chaud est plus facile...

On peut aussi leur rompre les vertèbres cervicales, les gazer avec des produits chimiques à base de cyanure ou les mettre dans une chambre à décompression.

Que fait-on de leurs fourrures ?


Dans le cas des renards, 90 % des peaux sont utilisées pour faire des garnitures. Ils meurent presque tous pour obtenir des "ornements" aux manches, au col, ou pour souligner un dessin.


La fourrure revient.
Preuve de cet engouement renouvelé, l'industrie canadienne de la fourrure peut se vanter que la valeur de ses exportations "a augmenté d´un tiers au cours des deux dernières années". Pourtant, les conditions d'élevage et de mort des animaux destinés à finir en manteaux, dessus de lits et autres étoles devraient faire réfléchir avant de céder à l'envie d'en acheter.
Ce en dépit des arguments des fourreurs, qui pour être efficaces, n'en sont pas moins erronés.

"Aujourd'hui presque tous les animaux proviennent d'élevages."


Même l'EFBA, Association européenne des éleveurs d'animaux à fourrure, reconnaît que 15% des animaux sont prélevés dans la nature.
A noter, la fédération française des métiers de la fourrure ne parle, elle, que de 10%. Le conseil canadien de la fourrure revendique de faire travailler 80.000 trappeurs et affirme que "Environ 2 millions de peaux de fourrure sont produites chaque année au Canada, la moitié provenant des fermes d'élevage."
Ce même conseil détaille que les fourrures sauvages sont "rat musqué (34 % du nombre total des fourrures sauvages), castor (22 %) et martre (17 %). Le renard, le coyote, l'écureuil et le raton laveur sont parmi les autres espèces abondantes."

"Les trappeurs sont de bons gestionnaires de la nature."


Non sélectif, le piégeage bouleverse considérablement les équilibres écologiques parce qu'il détruit sans distinction : les femelles qui ont des jeunes à nourrir et des centaines de milliers d'autres animaux, par erreur (appelés "déchets"). Et en grande quantité : deux fois plus que les espèces visées !

"Il s'agit d'une pratique agricole comme une autre"


Sans faire de commentaires sur l'élevage industriel des animaux pour leur viande, voici quelques précisions :

Il n'est tenu aucun compte des impératifs biologiques. Par exemple, de m½urs solitaires, les visons ont besoin d'un vaste territoire où l'eau est très présente. Les renards, eux, sont particulièrement effrayés par les humains: leur stress est permanent, même lorsqu'ils ne sont pas manipulés. Et dans les cages, ils n'ont aucun endroit où se réfugier.
Ces cages, aux dimensions incompatibles avec le plus élémentaire respect de l'animal, sont surélevées afin que les animaux ne puissent pas s'échapper. Leurs pattes reposent sur du grillage très fin qui blesse douloureusement leurs coussinets. Malgré cela, les animaux tournent en rond, jusqu'à la folie, dans cet univers désespérément vide. Selon une étude de l'Union Européenne « the welfare of animals kept for fur production » réalisée en 2001, les cages ne correspondent pas aux besoins des animaux.
Les animaux malades ne sont pas toujours soignés par souci d'économies : l'animal n'a que peu de temps à vivre et sa fourrure n'est pas détériorée par des affections oculaires ou auriculaires par exemple.
Ouvertes aux intempéries, les cages sont souvent des prisons-mouroirs. En plus du vent, du froid et de la neige dont ils souffrent l'hiver, n'ayant pas de terrier, les renards et visons redoutent la chaleur dont ils ne peuvent s'abriter non plus : l'été, 10% des animaux à fourrure meurent de chaud dans les élevages.

"Le revenu des producteurs est directement lié au bien-être de ses animaux"


Les animaux sont tués vers 8 mois quand apparaît leur premier pelage d'hiver, de longs poils neufs. Il n'y a donc aucun rapport entre l'état de la fourrure après la mue et le prétendu bien-être des captifs au cours de leur existence.

"Les méthodes d'euthanasie sont semblables à celles des refuges de protection animale."


(FIC : Institut de la fourrure du Canada)

# Posté le lundi 18 février 2008 09:35

Modifié le dimanche 23 mars 2008 07:13

F0URRURE

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Selon les pays, les méthodes employées pour donner la mort varient.

L'électrocution est très douloureuse (les électrodes dans la gueule et dans l'anus chauffent et brûlent) et parfois longue car le cerveau n'est pas traversé par le courant. En outre, le voltage n'est pas toujours assez fort pour tuer immédiatement.

• L'empoisonnement.
Le dithillinium, poison curarisant, se contente de paralyser les renards mais ne les tue pas : ils ressentent la douleur quand on les écorche. Interdit en Finlande, ce produit bon marché est largement utilisé en Russie car arracher la peau d'un animal encore chaud est plus facile. La strychnine, voire même de désherbants, facilement disponibles dans le commerce sont également employés.

Sont également des moyens de donner la mort : rompre les vertèbres cervicales des animaux, les gazer avec des produits chimiques à base de cyanure, les asphyxier avec les gaz d'échappement d'un véhicule ou les mettre dans une chambre de décompression.

Parlant des visons, la fédération française des métiers de la fourrure indique : "pour le sacrifice, le monoxyde de carbone est utilisé. Ce gaz est inodore, il endort et insensibilise. (Quatre cents personnes environ décèdent ainsi accidentellement en France tous les ans.)".
Chacun est libre d'apprécier cette curieuse comparaison.

Des chiffres :


Selon la Fur Free alliance 40 millions d'animaux sont sacrifiés pour leur fourrure.

L'Europe est responsable de 70% de la production de fourrure d'élevage dans le monde.
La production annuelle totale représente environ 4.3 millions de peaux de renard et 29.5 millions de peaux de vison. La Finlande est le plus gros producteur de peaux de renard :environ 2.1 millions par an.
Le Danemark, le plus gros producteur de peaux de vison : environ 12.3 millions par an. Les Pays-Bas produisent à peu près 3 millions de peaux de vison annuellement et la Finlande 2 millions. Selon l'EFBA, les pays européens fournissent 67% de la production globale de visons et 70% des renards. Soit 19 millions de visons et 2,8 millions de renards pour un montant de 625 millions d'euros

# Posté le lundi 18 février 2008 09:56

Modifié le lundi 18 février 2008 10:08

F0URRURE

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Quasi-monopole


L'industrie de la fourrure du chinchilla existe depuis longtemps dans ce pays, ainsi que dans les états voisins tels que la Hongrie, la république de Yougoslavie et la Bosnie.
En Croatie, une firme « Chinchillas Dakovic » a le quasi-monopole du marché. Elle a confié l'essentiel de l'élevage à une multitude de petites fermes réparties dans tout le pays.

Elevages


Dans ces établissements, il s'agit le plus souvent de faire se reproduire les animaux et les amener à l'âge de 9 mois. « Chinchillas Dakovic » se charge ensuite de récupérer les rongeurs, puis de les tuer et d'en exploiter la fourrure. Mais il arrive que les « fermiers » mettent à mort eux-mêmes les animaux.

Bacs à sable


Les centres d'élevage sont de petites dimensions.
De 100 à 300 animaux y sont détenus. Chaque animal dispose d'une cage de 50cm de long sur 45cm de large pour une hauteur de 35cm.
Le sol est une plaque métallique recouverte de sciure. Les animaux disposent d'une petite plateforme ainsi que d'un bac à sable, où ils se lavent pour entretenir leur pelage.

Ventilateurs


Ces rongeurs apprécient une température oscillant entre 15°et 20° lorsqu'ils sont en captivité. Pour ce faire, les éleveurs utilisent des ventilateurs en été et des chauffages en hiver.
Les femelles reproductrices sont les moins bien loties.
Alors que les mâles disposent de tunnels pour aller les rejoindre, elles ne peuvent sortir de leur cage en raison des colliers en plastique qui ont été placés autour de leur cou.
En liberté, les chinchillas ne forment qu'un seul couple pour la vie.

Souffrances


De part son caractère affable, le chinchilla supporte assez bien la détention. Les éleveurs peuvent d'ailleurs les prendre hors de leur cage et les remettre sans risque de se faire mordre.
Si les conditions de détention n'ont pas de commune mesure avec les désastreuses fermes de visons, la mise à mort des chinchillas s'effectue, elle, avec beaucoup de souffrances.

Electrocution


Les animaux sont tués par électrocution, gazés ou ont le cou brisé.
Cette dernière méthode est prohibée dans les pays de l'Union européenne, mais en Croatie il n'y a ni loi ni code pour élever des chinchillas. Y en aurait-il, le personnel manquerait pour vérifier leur respect.
Notre enquêteur a pu filmer, en caméra cachée, les derniers instant d'un de ces rongeurs.

Mort lente


« L'éleveur a attaché des clips métalliques à une patte et à la gueule de l'animal, puis les a reliés à un transformateur, explique-t-il. Le chinchilla criait extrêmement fort quand on lui a posé les électrodes. Il s'est tu dès que le courant est passé. Mais après plus d'une minute et demie, il bougeait toujours. Le fermier a vérifié plusieurs fois pour s'assurer s'il était mort. Deux minutes après le début de l'électrocution, c'était le cas. Alors le fermier a ôté les clips et a commencé à le dépecer, non sans l'avoir secoué une dernière fois pour être sûr qu'il ne vivait pas encore ».
Il faut 120 chinchillas pour faire un manteau.

Marasme


Le marché de la fourrure est en plein marasme en Croatie.
Les peaux se vendent moitié moins cher qu'il y a 5 ans et le nombre des fermes a été divisé par 10, passant en deux ans, de 2000 à 200 unités. Et ce chiffre devrait continuer à baisser. Cela ne signifie cependant pas que ce commerce soit en régression au niveau mondial, mais les fournisseurs préfèrent faire élever les animaux dans d'autres pays, moins chers.

Sauvetage


Seule bonne nouvelle de ce séjour croate : notre enquêteur a pu ramener 33 chinchillas sauvés d'une ferme. À leur arrivée en France, ils ont été placés au « Refuge de l'Arche » où ils vivent maintenant, heureux, en liberté.

Animal de compagnie... pour noctambules !


Contrairement à ce que laisse croire l'industrie, le chinchilla tué pour sa fourrure est exactement le même que celui qui est devenu un animal de compagnie.
Ce charmant rongeur est d'ailleurs fréquemment réclamé en cadeau. Si les parents savaient que la délicieuse créature vit une bonne quinzaine d'année, est strictement nocturne et nécessite une alimentation adaptée, sans doute renonceraient-ils...


Comme tous les hivers, des femmes vont recevoir en cadeau un manteau ou des accessoires en fourrure. Si elles pouvaient se douter du monde de souffrances qui se cache derrière l'objet de leur convoitise, sans doute renonceraient-elles à ce cruel présent.

Enquêtes


Pour les aider dans cette prise de conscience, One Voice a lancé, en novembre 2003, une nouvelle campagne contre la fourrure.
Elle s'est concrétisée notamment par deux enquêtes. L'une en Croatie, qui a débouché sur le sauvetage d'une trentaine de chinchillas, l'autre en France, dans un élevage de visons.

Dépouilles


L'enquêteur qui a été dépêché chez les visons n'est pas un novice. Les lieux d'expérimentation, il connaît. Pourtant, ce qu'il a vu là, l'a bouleversé. Les visons ont une « bonne bouille », ils sont délicieux à regarder.
Si davantage de clientes savaient à quoi ressemblent ces mustélidés, elles ne voudraient plus porter leurs dépouilles en guise de vêtement. Mais cela, les fourreurs se gardent bien de leur montrer.

Privés d'eau


L'un des élevages, vu par notre enquêteur, est immense.
Plus de 40 000 animaux y survivent dans des cages minuscules, aux toits de tôle (plus de 10 % des animaux meurent de chaud chaque été).
Ils sont privés d'eau pour s'ébattre, alors qu'ils y passent normalement, dans la nature, plus de 70 % de leur temps. Les visons sont tellement stressés qu'ils sont agités de mouvements stéréotypiques, se blessant les pattes sur le sol grillagé. Ceux qui sont malades ne sont pas soignés.

Elégance douteuse


Pour One Voice, cet animal n'a pas à être sacrifié au nom d'une élégance douteuse.
C'est pourquoi nous avons déjà par le passé engagé des actions contre ces élevages. Lors de son enquête, notre représentant a constaté qu'au début des années 90, quatre de ces établissements situés en Bretagne ont dû fermer, faute de débouchés.
Voilà trois ans, nous avons réussi à empêcher le doublement de capacité d'un autre centre à Gumbrechthoffen en Alsace. Nous menons d'ailleurs toujours une action juridique, dans le but de le faire fermer.

Vu sur « France 5 »


« France 5 » a consacré, au mois de septembre 2003, une émission aux visons d'Europe, qui vivent à l'état sauvage et dont le nombre diminue en raison de l'introduction de visons d'Amérique destinés aux élevages qui parviennent à s'échapper.
Muriel Arnal a été interviewée à cette occasion et a souligné la cruauté du monde de la fourrure.

Les conditions de captivité et de décès des animaux élevés pour leur fourrure sont déplorables. C'est le Comité scientifique sur la santé des animaux, une instance de l'Union Européenne, qui l'affirme. Il a passé en revue, espèce par espèce, les conséquences de la captivité. Son rapport a été rendu public en 2001. Il est accablant.

Euthanasie


Il s'est penché sur la façon dont ces animaux sont sacrifiés.
Sur ce point, le dossier est d'une clarté absolue : les procédés employés sont cruels. «L'euthanasie devrait être menée uniquement avec des méthodes humainement acceptables», soulignent les chercheurs. Façon de dire que ce n'est absolument pas le cas à présent. En effet, les animaux finissent le plus souvent gazés ou électrocutés. Et leur mort n'est pas rapide.



# Posté le lundi 18 février 2008 10:07