« Retour au blog de xX-4niiimals-Xx

LES 0URS

LES 0URS
Au Pakistan, les combats entre chiens et ours perdurent. Bien que cette activité soit interdite dans ce pays depuis 1890, elle demeure encore assez courante dans les zones rurales. Cependant, grâce à des associations de protection animale, cette cruelle pratique est en régression.


Pétitions


De 300 au début des années 90, le nombre d'ours engagés par les combats serait passé à environ 50. Cela en raison de l'attitude du gouvernement pakistanais qui a décidé de se mobiliser contre ces « spectacles » après avoir reçu des pétitions signées par plus d'un million de personnes de part le monde.

Sanctuaire


C'est ainsi qu'en 1998, le premier combat a été interdit. Puis en l'an 2000, le premier ours a été libéré et placé dans un sanctuaire au Pakistan. Aujourd'hui 5 ours y vivent. Le but est bien sûr d'en finir définitivement avec ces combats.

Pris dans la nature


Car pour les ours, c'est un cauchemar. Ils sont prélevés dans la nature. Selon la WSPA, 100 animaux seraient ainsi arrachés à leur milieu naturel par les membres de la tribu de Kalandars, les mêmes qui présentent des « ours danseurs » en Inde.

Dents arrachées


Une fois capturés, les plantigrades sont le plus souvent mutilés. Leurs dents et leurs griffes sont arrachées, sans anesthésie. Puis un trou est percé à l'intérieur de leur museau afin d'y faire passer un anneau.

Violence


Ensuite, ils sont attachés à un poteau et plusieurs chiens de combat, entraînés pour l'occasion, sont lâchés sur eux. Les combats durent quelques minutes au plus et sont d'une rare violence. Cependant, il est très rare que l'ours succombe. Ce ne serait pas l'intérêt de ses propriétaires. En effet, un ours de combat vaut cher (environ 1500¤) et rapporte bien davantage encore. C'est ainsi que la WSPA a récupéré un ours qui avait une quinzaine d'années de combats derrière lui.

Affamés


Les chiens ne sont guère mieux lotis. Pour exacerber leur agressivité, ils subissent des « entraînements » assez proches de ceux que subissent certains pitbulls dans les banlieues : ils sont battus et affamés.
L'exploitation des ours pour recueillir leur bile est aussi pratiquée au Vietnam. . Plus de 200 « élevages » privés ont fleuri dans la seule ville d'Hanoi. Il y en aurait même sur des bases militaires.

Croyance


Comme en Chine, la bile d'ours est censée posséder des vertus curatives. Ces croyances fausses, mais bien enracinées, laissent entendre qu'elle guérirait plus d'une dizaine de maladies ou bien encore que, consommée régulièrement, elle accroîtrait les performances sexuelles des hommes.

Forte d'une telle renommée, la bile d'ours est devenu un produit de luxe en vogue. Pour satisfaire cet engouement, plus de 700 ours sont détenus en captivité dans la capitale, 5000 dans tout le Vietnam. Les éleveurs ne sont pas prêts d'arrêter ces pratiques qui infligent de grandes souffrances aux ours et accélèrent leur disparition.

Extinction


En effet, les ours proviennent de deux races endémiques au Vietnam, Ursus Thibetanus et Ursus Malayanus. Ils ne se reproduisent pas en captivité. Tous deux figurent en annexe 1 sur la liste des animaux menacés d'extinction de la Convention internationale sur le commerce des espèces en danger. Les éleveurs les achètent à des braconniers qui tuent souvent les mères pour capturer les oursons.

Illégalité


En septembre 2002, le gouvernement vietnamien a réagi au déclin des ours en renforçant la loi contre le braconnage et toute exploitation des ours. Malgré ces mesures, les élevages privés sont en expansion et les restaurants servent ouvertement de la bile d'ours. On trouve même des publicités dans les journaux. Ce commerce est très lucratif (une fiole de 2 ml se vend 4 à 8 dollars) et bien protégé. Notre enquêteur a reçu à son hôtel la visite des militaires : photographier les ours est interdit au Vietnam.

Mort lente


Les ours sont confinés dans des cages de 8 m2, le plus souvent dans des bâtiments au fond des jardins. Un élevage comprend 5 à 14 ours. Les procédés d'extraction de la bile sont plus ou moins archaïques, mais tous provoquent des souffrances et une mort lente. La dernière technique en date, avec sa sonde et sa pompe médicinale, est « ultramoderne ».

Pompe


Le prélèvement de la bile peut commencer dès l'âge d'un an. Elle est « pompée » quatre fois par an à l'aide d'une aiguille de 20 cm enfoncée dans la vésicule biliaire. Le vétérinaire qui pratique l'opération sur l'animal drogué, partiellement endormi, perce l'abdomen à plusieurs reprises, sans stérilisation ni désinfection. Les ours ne survivent pas longtemps aux effets dévastateurs de la captivité et de l'extraction de leur bile. Le taux de mortalité est élevé. Les animaux meurent au bout du quatrième prélèvement et partent pour la boucherie. Ce n'est pas perdu pour les éleveurs puisque la viande d'ours rapporte encore plus d'argent que la bile.

Enquête


One Voice va poursuivre son travail d'enquête au Vietnam. Notre objectif est d'abord d'informer, de sensibiliser et de mobiliser l'opinion publique pour encourager le gouvernement vietnamien à faire appliquer la législation existante, et à empêcher la capture des oursons dans la nature.


Malades, blessés, enfermés dans des cages où ils ne peuvent presque pas se retourner et jamais se tenir debout, les ours en Chine subissent un sort réellement peu enviable. Pourquoi ? Ces souffrances leurs sont imposées afin de recueillir leur bile, censée posséder des vertus curatives.

247 « fermes »


Même si ces prétendues capacités de guérison, ou d'agir en aphrodisiaque, sont plus que contestées par les scientifiques, la superstition fait que la demande est toujours là. Résultat, des milliers d'ours sont retenus dans 247 « fermes ».

Convention bafouée


En dépit de la Convention de Washington sur le commerce des espèces en danger (CITES) qui classe les ours à collier en annexe I, ils sont capturés dans la nature, et le trafic des produits de la bile et de la vésicule biliaire se développe hors de Chine. Pour légaliser ce commerce, le gouvernement chinois souhaite déclasser les ours en annexe II.

Mortalité


Les promoteurs des « fermes » affirment que leurs élevages préservent les ours sauvages. Mais la mortalité y est telle que de plus en plus d'ours sont capturés en Chine, en Inde, en Russie et même au Canada.

Braconniers


Pour prendre les oursons dans la nature, les braconniers profitent de l'absence de la femelle, partie en quête de nourriture, pour enlever les petits âgés de quelques jours. Parfois la mère est tuée. Un grand nombre d'oursons meurent de ce traumatisme.

Griffes arrachées


Les jeunes sont parqués dans un enclos pour les habituer à leur futur enfermement dans une cage étroite. De surcroît, pour pouvoir atteindre les animaux sans risquer de prendre de mauvais coups, les fermiers leurs arrachent parfois les griffes et leurs brisent les dents. Puis, à l'âge de 3 ans, les ours subissent une opération qui les mutile à vie. Les fermiers implantent un cathéter dans la vésicule biliaire pour drainer leur bile. Ce tube reste en permanence, et laisse une plaie à vif qui s'infecte et n'est jamais soignée. Quatre ours sur cinq meurent pendant ou après l'opération d'implantation.

Stress


Les ours, pour exprimer leur stress, se cognent la tête contre les barreaux et se mordent les pattes jusqu'au sang. Cela occasionne des infections, qui ne sont pas traitées. Les ours subissent deux fois par jour l'extraction de leur bile. Elle est effectuée pendant qu'ils sont nourris et abreuvés, pour stimuler la bile. Pendant cette opération, les animaux gémissent, hurlent et se tordent de douleur, en se tenant l'estomac. Un exemple, parmi d'autres, de leurs très mauvaises conditions de détention : les femelles vont jusqu'à tuer les petits à la naissance.

Amputations


Les ours, pour faire cesser leurs souffrances, tentent parfois d'arracher le cathéter. Ils sont alors immobilisés dans leur cage avec un corset de fer. Les fermiers ne se contentent d'ailleurs pas de cela pour augmenter leurs profits. Ils amputent aussi une ou deux pattes aux ours vivants pour les vendre à des restaurateurs. Quand les ours ne sécrètent plus de bile, ils sont abandonnés dans un coin où on les laisse mourir de faim. Ils ont moins de 15 ans. En liberté, ils auraient vécu de 25 à 30 ans.

• Écrivez à l'ambassade de Chine (11, rue George V, 75008 Paris) pour appuyer les demandes de One Voice :
– accorder aux ours le niveau de classe 1 dans la loi chinoise sur la protection des espèces sauvages et empêcher la capture d'oursons dans la nature.
– interdire immédiatement l'élevage d'ours dans ces fermes.
– empêcher les fermiers de promouvoir la bile d'ours dans de nouvelles régions.
– interdire la vente de cette bile aux touristes étrangers.
- interdire les fermes à ours partout en Chine avant le début des Jeux Olympiques de Pékin, en 2008.

• Écrivez à Jacques Chirac, Palais de l'Élysée, 75008 Paris pour lui demander de :
– s'opposer à toute tentative de la Chine de légitimer le commerce international de la bile d'ours dans le cadre de la CITES.
- d'user de son influence pour encourager la Chine à supprimer les fermes à ours.

• Si vous avez recours à la médecine chinoise traditionnelle, écartez tout produit contenant de la bile d'ours.

• Si vous vous rendez en Chine, n'achetez pas de produits contenant de la bile d'ours et informez-nous sur les produits à base de bile en vente dans les aéroports.

• Achetez un ours en peluche et retournez-le à One Voice avec vos nom et signature sur son étiquette. Chaque jour, jusqu'à la fermeture des "fermes à ours", One Voice s'engage à envoyer à l'ambassade, un ours en peluche qui portera le nom d'un défenseur des animaux. Nous maintiendrons la pression aussi longtemps que nécessaire en France et en Chine.


En Inde, il n'est pas rare que les touristes soient sollicités pour assister à des représentations de rue mettant en scène des « ours qui dansent ». Ces animaux n'exécutent pas les tours par plaisir. En fait, ils sont détenus de telle façon qu'ils sont contraints de se plier aux ordres de leurs dresseurs.

Traditions


On estime a plus de 1200, les ours à miel ainsi retenus par les membres de la tribu des Kalandars. Depuis le XVIème siècle, ces hommes ont pour tradition d'aller de ville en ville avec leurs ours pour gagner quelque argent en présentant leurs animaux. Bien qu'il existe en Inde depuis 1972, une loi de protection de la faune sauvage qui interdit de vendre des ours et qu'une autre condamne ces méthodes de dressage, cette activité perdure.

Capture


One Voice a mandaté un photographe afin qu'il enquête sur cette situation. Les images qu'il a rapportées de son séjour et son témoignage éclairent sur le triste sort fait aux ours. Il a ainsi pu en apprendre davantage sur les conditions de capture et de détention de ces animaux.

Braconniers


Pour obtenir un ourson, les braconniers attendent que l'ourse sorte de sa tanière pour chercher de la nourriture. Ils enlèvent alors le petit âgé de quelques jours. Si la femelle alertée par les cris, intervient, elle est aussitôt abattue. Le jeune, transporté dans un sac pendant de longues heures, est drogué à l'opium. Nombre d'entre eux meurent en chemin.

Tisonnier


Puis les oursons sont vendus aux Kalandars. À l'âge de 3 mois, les animaux subissent, sans anesthésie, une opération particulièrement mutilante : leur cavité nasale est percée avec un tisonnier chauffé à blanc pour y insérer une corde qui ressort par la narine. La plaie ne guérit jamais vraiment puisqu'elle est constamment avivée par le passage de la corde. C'est ainsi que les Kalandars s'assurent de l'obéissance de leurs ours. Ils ont trop mal pour résister.

Coups


Pour soulager sa douleur lorsque le dresseur tire brutalement vers le haut, l'ourson n'a pas d'autres choix que de se lever et d'exécuter tous les mouvements qui lui sont imposés. A force de coups sur sa blessure et sur ses pattes, il finit par accepter de balancer son corps, au rythme des tambours.

Crocs arrachés


Lorsque l'ours atteint l'âge de deux ans, ses détenteurs lui arrachent les crocs et brisent parfois sa mâchoire inférieure, afin d'être certains de ne pas risquer une morsure. Par ailleurs, les griffes sont arrachées, quant ce ne sont pas carrément les phalanges qui sont sectionnées. La liste des sévices infligés à ces ours ne s'arrête pas là : ils sont aussi castrés à vif.

Carences


Pendant l'été, sous une chaleur étouffante, sur les routes d'Agra, Jaipur et New Delhi, les ours effectuent de 20 à 30 kilomètres par jour pour rallier les villages. Les plaies infligées par ces marches forcées ne sont pas davantage soignées que les autres. Lorsque les représentations sont terminées, les ours sont peu alimentés. Ils développent des carences graves qui peuvent aller jusqu'à la cécité. A force de mauvais traitements et de privations, ces animaux ne vivent pas plus vieux que 8 ans en moyenne.

Diffusez les tracts et les pétitions en faveur des ours en Chine, en Inde et au Pakistan.

• Si vous connaissez des agences de voyages, apportez-leur notre tract sur les ours en Inde et expliquez-leur le caractère illégal et immoral des spectacles d'ours. Demandez-leur de diffuser à leur tour cette importante information.


Depuis septembre 2003, One Voice et Wildlife SOS enquêtent sur les braconniers indiens qui capturent des ours lippus (protégés en annexe I de la convention de Washington) dans la région de Sambalpur. Cette lutte contre le trafic a porté ses fruits puisque neuf personnes ont été arrêtées en janvier 2004. Cinq oursons ont été saisis.

Ces animaux étaient destinés à devenir des «ours qui dansent». Ils auraient alors été retenus par des gitans (Kalandars) qui ont pour tradition d'être des montreurs d'ours et qui détiennent leurs animaux dans des conditions déplorables.

L'enquête


Des membres de One Voice et de SOS Wildlife ont orienté leurs recherches dans l'état d'Orissa, où le braconnage sévit de longue date, ainsi que dans la région autour de la ville d'Agra, où sont basés la plupart des montreurs d'ours.
Rien n'aurait été possible si certains Kalandars, finalement émus du sort des ours, n'avaient accepté de collaborer.
C'est ainsi qu'en s'infiltrant dans les réseaux de braconniers, les lieux et dates de capture, mais aussi de vente des oursons ont pu être précisément identifiés.
La région de Sambalpur, à l'ouest de l'état d'Orissa concentre les actes de braconnage. Cette partie du pays est considérée comme une « zone tribale ». Elle abrite les deux principaux négociants d'ours, qui sont chacun à la tête d'un réseau de braconniers, répartis dans divers villages. Ces hommes ne capturent pas que des oursons, mais aussi des perroquets, divers serpents et même des léopards. Les oursons sont revendus entre 10 000 et 20 000 roupies, soit entre
174,60 ¤ et 181,80 ¤, soit six mois du salaire moyen indien (30¤).

Les arrestations


Au début du mois de janvier 2004, des renseignements nous parviennent indiquant qu'entre 17 et 19 oursons viennent d'être capturés et vont être vendus.
Les animaux ont été répartis dans divers villages, dont cinq à Koria, une commune proche d'Agra, qui semble être la plaque tournante du trafic des ours en Inde. Des oursons ont été repérés dans d'autres villages.
Ces informations sont communiquées à la police et au ministère de la Forêt, ce qui permet l'interpellation des trafiquants et la saisie des animaux. Plusieurs raids sont effectués dans les villages signalés par nos enquêteurs. Au total, neuf personnes sont interpellées. Elles risquent des amendes et des peines de prison allant de trois à sept ans.

La situation


Il y a aujourd'hui environ 1200 « ours qui dansent » en Inde. Ces animaux subissent diverses mutilations afin d'être maintenus en captivité : castrés à vif vers l'âge de six mois, les crocs brisés vers l'âge de deux ans, parfois plus tôt.
Leurs griffes sont coupées, quand leurs phalanges ne sont pas sectionnées. Dès l'âge de deux mois puis à plusieurs reprises tout au long de leur vie, on leur perce le museau avec un tisonnier chauffé à blanc afin d'y faire passer une corde. La plaie ainsi pratiquée est constamment avivée par le passage de la corde. Cela permet aux dresseurs d'obtenir une totale soumission de leur ours : pour échapper à la douleur provoquée par la tension de la corde, ils se montrent d'une grande docilité pour exécuter les tours. Mal nourris, soumis à des marches forcées afin de rallier les villages où se trouve les touristes, ils meurent généralement au bout d'une huitaine d'années. Ils vivent environ de 25 ans à 30 ans dans la nature.

Le braconnage


Les ours sont pris dans la forêt entre décembre et mars. Les braconniers tuent le plus fréquemment la femelle afin de s'emparer de son petit. Les oursons ainsi capturés sont très jeunes, ils n'ont qu'une dizaine de jours. Au moins 60 % d'entre eux meurent. Il n'est pas rare que certains finissent mangés par les braconniers. Ce fut le cas encore en janvier 2004.
Par ailleurs, ces délinquants pratiquent également le trafic d'oiseaux. Des milliers de jeunes perroquets, encore démunis de plumes, ont été vus cette année.

Le sanctuaire


Ouvert en 2002, le sanctuaire a reçu son premier ours le 26 décembre. Il abrite aujourd'hui une cinquantaine d'animaux. Deux vétérinaires gèrent ce centre et assurent une présence constante sur le site. Une clinique, comportant notamment du matériel de radiologie et de chirurgie a été aménagée afin de prodiguer les soins nécessaires aux animaux qui souffrent de diverses carences. Mal nourris, beaucoup sont atteints de cécité. L'équipe de One Voice, association partenaire du projet, s'est rendue à plusieurs reprises dans ce centre, la dernière fois en janvier 2004.

La cellule anti-braconnage


Animée par Kartick Satyanarayan, la cellule est épaulée par un avocat, Maître Narayan-Vashisht, qui a été longtemps le défenseur de trafiquants d'animaux sauvages, avant de changer d'opinion. Sa connaissance de l'intérieur du système est bien évidemment un atout.
Les raids devraient reprendre fin février, nous sommes déjà sur de nouvelles pistes. En outre, la cellule va organiser dès le mois de mars des réunions d'information auprès de la police et des magistrats afin de leur expliquer la législation en matière d'animaux sauvages. Cette initiative est appuyée par les autorités indiennes. A la faveur de la nouvelle législation indienne, promulguée en 2002, les Kalandars peuvent rendre leurs ours, en échange de l'abandon de toute poursuite à leur encontre et d'une reconversion professionnelle proposée par les associations.
Cette disposition et la volonté affichée des autorités indiennes de mettre fin au braconnage et à la détention des ours laissent espérer que d'ici à quelques années, les « ours qui dansent » appartiendront au passé.

Les oursons


Les cinq oursons récupérés au cours de notre première enquête ont été placés dans le sanctuaire. Très faibles, leurs chances de survie étaient extrêmement limitées. Le seul exemple en date du sauvetage réussi d'un ourson l'a été au zoo d'Amsterdam.
Une « tanière » leur a été aménagée dans la chambre d'un des vétérinaires. Maintenus dans la pénombre (dans la nature les oursons ne sortent pas avant l'âge de 5 mois), les animaux bénéficient de chauffage et sont nourris toutes les quatre heures. Ils reçoivent également des compléments alimentaires. A ce jour, ils reprennent des forces.

Les adultes


Les animaux qui arrivent au sanctuaire sont non seulement blessés, mais aussi perturbés. Par exemple, l'un d'entre eux ne veut pas dormir dans une tanière, mais exclusivement dans un tube de béton. Un autre, qui a eu les phalanges sectionnées, a présenté pendant des mois des plaies infestées par les asticots. D'autres ont le museau si abîmé par la corde que les os sont à vif.
Il faut plusieurs mois avant que les animaux parviennent à reprendre un comportement normal.

Les ours lippus ou ours à miel


Classé à l'annexe I de la convention de Washington, ces animaux sont censés être parmi les plus protégés de la planète. Ils ne peuvent être ni tués, ni capturés, ni vendus. Ils sont une espèce endémique de l'Inde. Ils ne seraient qu'environ 6000 aujourd'hui. Ils étaient 10 000 en 1992.
Chaque année, une centaine d'oursons sont capturés.
En 2004, pour la première fois, notre estimation est tombée à 35 oursons pour tout le pays. Certains sont vendus au Pakistan pour les combats, ou en Chine pour le commerce de la bile.

En Inde, de jeunes oursons sont capturés pour alimenter le marché illégal des ours danseurs ou des vésicules biliaires. La cellule anti-braconnage One Voice/Wildlife SOS a enquêté sur les méthodes utilisées.
Infiltrés
Jusqu'en 2002, quand la cellule anti-braconnage a commencé son programme de restitution des ours et de reconversion des kalandars, ces derniers étaient les meilleurs clients des tribus impliquées dans le piégeage des oursons. Aujourd'hui, grâce à leur collaboration, nos enquêteurs ont découvert de quelles tribus il s'agissait, et comment elles procédaient.

Trappeurs spécialistes

Les membres des tribus de la forêt y ont pour la plupart toujours vécu. Ils sont familiers des pistes laissées par les animaux. Ils connaissent particulièrement bien le comportement des ours et savent quand une femelle est en chaleur. Quand l'une d'elle est repérée, elle est suivie jusqu'à ce qu'elle soit pleine et qu'elle ait choisi une tanière, qui est le plus souvent une grotte.

Sous surveillance.


La tanière est constamment surveillée, en général par un petit groupe de 6 ou 7 braconniers, qui campe à proximité. Depuis leur point d'observation, ils peuvent suivre son activité sans la déranger et sans qu'elle les repère. L'idéal pour les braconniers est de capturer les oursons à l'âge de 3 à 5 semaines. Ils doivent donc s'armer de patience.
Juste quelques heures...
Les oursons naissent entre novembre et mars. Leur mère restera constamment avec eux pendant les deux ou trois premières semaines, puis elle sortira de sa tanière, pendant seulement quelques heures, la nuit ou à l'aube, pour chercher de la nourriture. C'est ce moment que choisiront les braconniers pour accomplir leur dessein.

Peur de la colère d'une mère.


Quand les oursons ont atteint l'âge requis, les braconniers attendent que leur mère parte en quête de nourriture. Ils savent qu'ils disposent alors de 2 à 4 heures. Ils forment un tas de feuilles mortes à l'entrée de la grotte, sur le trajet présumé de la femelle, et y mettent le feu. Si elle revient trop tôt, elle sera sans doute tuée. Les braconniers craignent la colère des ours colliers, dont les mères ont la réputation d'être particulièrement protectrices et féroces quand un danger menace leurs petits...
Ils entrent.
Deux hommes entrent dans la grotte, non sans avoir vérifié que la mère n'y était pas de retour par une autre entrée. Pour en être certains, ils jettent quelques pierres à l'intérieur. Si elle est là, ils se précipiteront dans un arbre en l'entendant charger. Si la grotte reste silencieuse, ils y entreront, une torche enflammée à la main pour éclairer leur chemin.

Une grotte soigneusement choisie.


Les ourses à collier choisissent soigneusement la grotte où elles vont mettre bas. Elle comporte en général au moins deux « chambres », en particulier dans les zones où coexistent d'autres prédateurs dangereux pour les oursons, tels que les hyènes ou les léopards. La chambre située le plus profondément dans la grotte forme souvent une sorte de puit à l'accès difficile. C'est là qu'elle donnera naissance à ses oursons. Bien que son accès soit malaisé, y compris pour elle-même, elle garantie ainsi la sécurité des oursons qui ne peuvent pas se sauver en l'absence de leur mère.

Des oursons à la triste destinée.


Tout cela fait du braconnage des oursons un travail herculéen... D'autant que pour les voler, les braconniers se dépêchent, de peur d'être confrontés à la mère, et bien que deux ou trois membres de l'équipe surveillent constamment l'entrée. Serait-ce le poids de la culpabilité ? Quand les oursons ont été récupérés, ils sont jetés dans un sac de jute et rapidement emmenés loin de la grotte. Les braconniers, qui appartiennent à une tribu de la forêt, ne s'en éloignent jamais trop. Les oursons sont donc remis soit directement à un kalandar, soit à un intermédiaire qui se chargera de les envoyer sur les marchés du sud est asiatique, ou de les vendre à des commerçants privés ou à des acheteurs étrangers... Dans tous les cas, sans l'intervention de la cellule anti-braconnage, ils ne connaîtront jamais une vie d'ours.


Agiiir

Notre cellule anti-braconnage a besoin de votre soutien pour continuer son travail. Envoyez nous vos dons en spécifiant bien le nom de la campagne « ours en Asie ».
Vous pouvez également nous aider à prendre soin des ours que nous avons sauvé. Rendez-vous pour cela sur notre page Parrainage.


# Posté le dimanche 17 février 2008 15:03

Modifié le mardi 03 juin 2008 12:37

« Article précédent : LA SITUATION DES PHOQUES.

Article suivant : LA CHASSE EN BOITE »